Et si le confinement était une chance pour nous permettre de se révéler ?

À l’annonce du confinement, les lycéens de France ont sauté de joie à la perspective de ces « vacances » improvisées. Au même moment, d’autres se ruaient dans les rayons, des caddies débordant de papiers toilette et de conserves. Chacun d’entre nous est confronté et vit différemment cette mesure. Si elle est synonyme d’angoisse pour certain, peut-être pourrions-nous laisser nos peurs de côté un instant afin d’entrevoir les opportunités qui s’offrent à nous ?

Que rêvez-vous de faire ?

Une question en apparence toute simple. Mais depuis combien de temps ne vous l’êtes-vous pas posée ? Allez, faites un effort. Il vous vient une idée ? Puis pleins d’idées ? Les images défilent dans votre tête et vous vous abandonnez à ce jeu. Vous êtes redevenu l’espace d’un instant cet élève qui dessine avec application « ce qu’il veut faire plus tard ». Puis, l’enfant en vous laisse place à l’adulte plus ou moins rapidement. Vous reprenez le contrôle et mettez docilement un terme à vos songeries. Pour se faire, rien de plus facile qu’une petite série d’objections tellement évidentes. Tellement évidentes, qu’on ne prend même plus la peine de les contester. Et pourtant …

Je n’ai pas le temps

Ah, La bonne excuse. Bien qu’on ait souvent le sentiment d’en manquer, on peine surtout à le prendre, le temps. Et ce, même pour des choses qui nous tiennent à cœur : reprendre le sport, passer un coup de fil à un ami, prendre des cours de théâtre, dessiner, créer, rêver… Et pourquoi pas ne rien faire ? Nous vivons malheureusement dans un monde où l’oisiveté est pointée du doigt alors qu’il est pourtant impératif de ralentir un peu. Un monde où chacun de nos faits et gestes sont épiés et jugés. Difficile dans ce contexte de s’offrir le luxe d’un moment pour soi, une véritable parenthèse qui ne serait pas dédiée aux impératifs du quotidien. Et voilà que soudain, la vie nous impose de le réinventer, ce quotidien. Le temps, il faut le passer chez soi, confiné. Et hop ! Voilà du temps à ne plus savoir qu’en faire, qui plus est entre quatre murs et à l’abri des regards…

Je ne sais pas quoi faire

Merveilleux, je crois que nous avons là un bon moment pour se poser la question, non ? Qu’avez-vous toujours rêvé de faire sans jamais vous l’autoriser ? Évidemment, les alpinistes en herbe auront plus de mal à s’adonner à leur passion naissante. Mais en cherchant bien, le champ des possibles est immense. Les amateurs de sensations fortes et de grands espaces pourront toujours s’occuper en préparant minutieusement leur prochaine expédition. Les créatifs qui s’ignorent s’armeront de pinceaux et de toiles vierges, les entrepreneurs de demain auront enfin le loisir de laisser place à leurs idées. Car par ces temps, beaucoup se voient privés de leur liberté mais c’est en fait un cadeau : il nous est à tous offert une pause dans le tumulte de nos vies. Un moment pour s’interroger, se connecter à soi et laisser toute la place qu’elle mérite à cette petite voix en nous qui nous chuchote (ou nous hurle) depuis déjà trop longtemps de nous lancer. Profitez, pour une fois, il y a un filet !

Je vais être ridicule

Oui, il y a aussi cette voix-là. Celle de l’ego. Ce dernier n’a de cesse de vouloir nous prémunir de nouvelles blessures de l’âme et nous l’en remercions. Merci, au revoir : apprenons aussi à le faire taire. Déjà d’ordinaire, le ridicule ne tue pas. Que dire d’aujourd’hui ? Plus personne d’autre que vos chats, votre famille ou vos colocs pour s’interroger sur vos nouvelles lubies. Et si vous chérissez secrètement l’espoir d’un jour jouer de la trompette, de faire du patin à glace ou de vous reconvertir professionnellement, ce qui serait vraiment ridicule, ce serait de ne pas vous écouter. Et comprenez-moi bien, je parle d’écouter votre cœur, car rappelez-vous que ce dernier a des raisons que la raison ignore. L’instinct n’est pas l’apanage des animaux, nous avons simplement appris à délaisser le nôtre au profit d’un pragmatisme parfois pessimiste. Mais au fond de vous sommeillent des sensations, des émotions, des sentiments, qu’il n’est peut-être pas chose aisée de laisser s’exprimer, mais primordial d’accueillir. On profite donc d’être à l’abri des autres pour également se soustraire à son propre jugement et écouter son intuition.

J’ai peur d’échouer

Commune à tous, cette peur n’en est pas moins étrange puisque l’échec fait partie intégrante de la vie. Il est à tort négativement connoté dans la culture occidentale, de surcroît française. Or, rappelons-nous les paroles d’un homme qui a passé 27 ans de sa vie en prison pour avoir lutté pour l’égalité raciale : « Je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends ». N’est peut-être pas Nelson Mandela qui veut, mais tout le monde ne mène pas tel combat. Et puis quoi qu’il en soit, n’oublions pas que l’apprentissage par l’échec commence dès celui de la marche. Il s’agit donc d’un modèle plutôt bien rodé, non ? En fin de compte, nos vies sont pavées d’échecs. Donc il n’y a aucune raison d’avoir peur d’en ajouter un à la liste, si ? Alors on se l’autorise. On prend soin de soi, on s’accorde un peu de douceur, et avec bienveillance, on s’encourage à essayer, à entreprendre. Parce qu’au fond, il s’agit souvent juste d’un petit conflit avec notre orgueil… Vous avez déjà tout en vous pour réussir, faites-vous confiance.

Je suis trop vieux pour ça

Peut-on être trop vieux pour vivre ? Se lancer dans le parachutisme acrobatique nécessitera un avis médical, et ce, à tout âge. Mais quoi qu’il arrive, n’hésitez pas à consulter plusieurs praticiens, vous pourriez être surpris. Nous vivons de plus en plus longtemps et les limites d’hier ne s’appliquent plus aujourd’hui. Votre âge n’est qu’un concept numérique qui en aucun cas ne devrait vous cantonner aux grilles de Sudoku (où à l’inverse vous empêcher d’en être mordu). Je vais une seconde fois m’aider des mots d’un autre. S’il y a eu en ce monde d’assez grands esprits pour exprimer à la perfection une idée, il est parfois plus simple de les parapher. Ainsi, Confucius a dit « On a deux vies, et la deuxième commence quand on se rend compte qu’on n’en a qu’une ». Cette phrase nous invite simplement à vivre pleinement l’instant présent, observer chaque nouvelle journée et savoir en apprécier les cadeaux. À ça je rajouterai, vivons une vie à la fois et expérimentons ce que nous avons envie d’expérimenter. Il est également question ici de réalisation de soi, d’éveil. Se connecter à soi pour laisser s’exprimer son for intérieur et enfin accepter de s’aimer et de se faire du bien. Comment pourrait-il y avoir un âge limite pour s’y atteler et libérer son plein potentiel ?

Alors on danse ! Euh, on fonce !

Bref, vous l’aurez compris, autant d’excuses issues de peurs souvent infondées. Coup de bol, il semblerait que cette période de confinement soit le moment idéal pour passer en revue tout ça et démarrer un travail personnel. En guise de préparatifs, j’ai tant bien que mal essayé de traiter la liste des potentielles objections qui me vinrent à l’esprit en réfléchissant à notre sujet. Cette dernière n’étant bien sûr pas exhaustive, je vous propose quelque chose pour la compléter. Tout d’abord, savez-vous répondre à ces questions : Qu’avez-vous envie de faire depuis toujours ? Ou depuis la lecture de cet article ? Quelle est cette chose pour laquelle le temps vous manquait ? Y trouver ne serait-ce qu’une ébauche de réponse peut déjà largement constituer une avancée dans votre vie. Une formidable avancée. Et rappelez-vous, l’action est la première marche vers le succès comme le disait si bien Picasso.
Profitez de ce confinement pour vous redécouvrir. Les moyens pour y parvenir sont nombreux. Par exemple, Julia Cameron, dans son livre « Libérez votre créativité », vous invite à écrire chaque jour, au saut du lit, tout ce qui vous passe par la tête. Cela peut être cathartique. Un peu déroutant, parfois même inquiétant, mais ces mois de correspondance écrite avec vous-même seront tellement enrichissant. Cela peut bien évidemment passer par mille autres lectures, méthodes, les ouvrages traitant de développement personnel ne manquent pas et je suis convaincu que chacun peut y trouver auteur à son pied. La méditation est également un merveilleux outil pour apprendre à poser son mental, débrancher l’ego et se reconnecter à soi en écoutant son cœur. Là encore, les outils pour s’y initier sont nombreux et facile d’accès : méditations guidées sur Internet, applications mobiles, autohypnose, respiration… Dans notre malheur, il y a peut-être une chance à être confinés au 21e siècle. Et si de votre réflexion n’émerge pas la révélation que vous attendiez, pas d’inquiétude. Pour certain, ce questionnement peut être la quête d’une vie. Et puisque dans le voyage, le chemin importe plus que la destination, servez-vous de ce confinement pour vous mettre en route.
Et pour ceux qui savent alors ? Ceux qui, au fond d’eux, pensent à quelque chose depuis qu’ils ont parcouru des yeux l’introduction ? Rassurez-vous, pour ceux-là aussi, j’ai des questions. Ou plutôt un petit exercice. Qu’il s’agisse d’un rêve d’enfant ou d’une curiosité naissante, vous êtes parvenus à identifier quelque chose qu’il vous tient à cœur d’essayer. Et bien maintenant, dressez la liste de toutes les raisons qui pourraient vous empêcher d’y succomber. Servez-vous de cet article pour inspirer vos réponses à chacune d’elle. Voyez comme toutes ces croyances limitantes, une fois isolées, perdent en substance. Maintenant, rayez-les, transformez les une à une et débarrassez-vous-en définitivement. Et voilà, il ne vous reste plus qu’à profiter du premier jour du reste de votre vie… Ou du moins, du reste de votre confinement ! Et si par malheur certaines de vos inquiétudes résistent encore, faites m’en part en commentaires, je serai ravi d’échanger avec vous à ce sujet et vous aider à vous reconnecter à votre vrai nature pour faire émerger la meilleure version de vous-même.
Croyez en vous et croyez en la vie !!